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Qu’est-ce que la câlinothérapie?

Imaginez

Vous êtes dans un beau grand lit, couché sur le côté, la tête sur son épaule, le bras sur son ventre et elle vous flatte doucement le dos. Vous êtes si bien. Vous avez l’impression d’être retombé en enfance dans les bras de votre mère et enfin, vous réussissez à vous relaxer. Petit à petit, toutes les tensions que aviez accumulées se sont dissipées et votre corps est finalement détendu. Mais ne serait-ce pas encore mieux si elle vous jouait dans les cheveux? Oh oui, ça serait tellement mieux! Alors vous faites quelque chose que vous ne faites jamais d’habitude: vous le lui demander.
– “Est-ce que tu pourrais me jouer dans les cheveux, svp?”
Après un moment de réflexion, elle vous répond:
– “Bien sûr, j’aimerais ça! Est-ce qu’il y a une façon en particulier que tu préfères te faire jouer dans les cheveux?”

Quelle question?! Vous ne vous êtes jamais vraiment posé cette question, mais en y pensant un peu vous vous souvenez qu’en effet, il y a une façon que vous préférez:
– “J’aime bien les longs mouvements répétitifs, dans le sens des cheveux, doucement, sans frotter le fond de la tête.”
Aussitôt elle répond:
– “Parfait! Merci des précisions!”
Et se met à tranquillement vous flatter les cheveux avec de longs mouvements doux… et vous êtes au paradis!

Après quelques minutes, cependant, vous commencez à vous inquiéter; votre tête n’est-elle pas trop lourde sur son épaule? Son bras ne commence-t-il pas à s’engourdir? Vous prenez donc la peine de demander:
– “Ma tête est pas trop lourde?”
– “Mais non, répond-elle, souviens-toi, je t’ai promis que si jamais j’étais inconfortable, je te le dirais aussitôt. Si je n’ai encore rien dit c’est que je suis encore parfaitement confortable. Ne t’inquiète pas, ais confiance et relaxe avec moi.”

Oh, quel bonheur: ne pas avoir à s’inquiéter; pouvoir faire confiance que l’autre va s’exprimer si jamais il y a quelque chose qui marche pas; pas besoin de se poser dix milles questions! Maintenant, finalement, petit à petit, c’est la tête qui se repose, le cerveau qui se calme et l’esprit qui peut enfin relaxer…


La câlinothérapie, c’est une séance de câlins platoniques où le consentement de chacun est mis en avant-plan.
Comme vous avez pu le constater, le respect du consentement de chacun permet de créer un genre d’espace, un état d’esprit, où on se sent plus en sécurité et où l’affection devient plus honnête et donc beaucoup plus réconfortante.  On se sent alors capable de DEMANDER ce dont l’on a besoin, mais aussi d’ACCEPTER un NON…
Retournons à notre exemple.


Toujours couché sur le côté, la tête sur son épaule, le bras sur son ventre. Elle vous flatte doucement les cheveux et vous êtes bien. Naturellement, votre main commence à lui caresser le ventre (juste le ventre, évidemment, car ça doit rester platonique!). Mais bien vite elle vous dit:
– “Non, s.v.p., aujourd’hui mon ventre est en peu sensible; je préfèrerais que tu ne le caresses pas. Mais si veux, tu pourrais caresser mon bras, ça j’aimerais ça! Est-ce que tu préfèrerais caresser mon bras?”

Elle vous a arrêter; elle vous a demander de ne pas lui faire ce que vous vouliez lui faire. Elle a dit NON…

Quel soulagement! Heureusement qu’elle s’est exprimée! Si elle n’avait rien dit, vous lui auriez fait subir quelque chose qu’elle n’aime pas; vous l’auriez rendu mal-à-l’aise! Au moins, comme ça, vous savez un peu plus ce qu’elle n’aime pas et surtout, ce qu’elle aime!
Lui caresser le bras? Vous prenez le temps de vous poser la question: est-ce que pour vous, lui caresser le bras peut remplacer de lui caresser le ventre? Seriez-vous à l’aise à lui caresser le bras? Bien sûr! Vous vous rendez compte, que pour vous, ça n’a pas d’importance; vous voulez avant tout qu’elle se sente bien, elle aussi!
Alors vous lui dîtes:

– “Oui, j’aimerais ça! En passant, merci de m’avoir arrêté, j’aurais pas voulu te rendre inconfortable!”
– “Bien, merci de m’avoir respecté dans mon confort!” répond-t-elle aussitôt avec un grand sourire.
Alors, prenant une page de son propre livre, vous lui demandez:
– “Est-ce qu’il y a une façon que tu préfères te faire flatter le bras?”


… et c’est comme ça qu’une séance de câlinothérapie vous permet non seulement de recharger vos batteries d’affection et de relaxer, mais également de vous améliorer en tant que personne; en vous apprenant à pratiquer le consentement et à identifier et respecter vos propres limites ainsi que celles des autres.
Avouez que ça a l’air agréable!

D’ailleurs, pour ceux d’entre vous qui n’avez pas encore répondu à mon sondage (2 min seulement!), cliquez ici et permettez à Calia câlinothérapie de devenir une réalité! (Si vous êtes déjà inscrit aux emails de Calia, vous n’aurez pas besoin de vous y réinscrire une deuxième fois).

Faites-vous partie des chanceux(ses) qui ont déjà vécu une telle expérience de câlin? Où vous vous sentiez assez en sécurité et respecté pour pouvoir DEMANDER ce dont vous aviez besoin, répondre NON à ce que vous ne vouliez pas et même accepter paisiblement le NON de l’autre? Si oui, racontez-nous votre expérience dans les commentaires. Si non, dîtes-nous si vous aimeriez vivre une telle expérience, que ce soit avec un câlineur ou câlineuse professionnel(le), avec un(e) ami(e), partenaire, famille, etc. (Ne vous inquiétez pas, vous pouvez mettre un faux nom pour rester anonyme et vos emails ne seront jamais partagés à personne!)

Dans mon prochain article, je répondrai à une question que plusieurs se seront posée, soit avec crainte et dégoût, ou avec envie et espoir:
“Oui mais, ça va jusqu’où ces câlins-là, au juste?”
Donc oui, je vous parlerai des règles à suivre et des limites à respecter lors d’une séance de câlinothérapie chez Calia.
*Spoiler alert*: La câlinothérapie n’inclut, en aucun cas et d’aucune manière, aucune forme de sexualité explicite ni implicite.
(Tant pis pour ceux et celles qui espéraient. Pour les autres, on se revoit la semaine prochaine!)

Câlin aux consentants et chaleureux sourire aux autres!
Alie Valérie

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L’expérience Calia

(Histoire fictive composée uniquement de faits réels!)

Semaine difficile

Ces derniers temps j’ai eu beaucoup de stress dans ma vie, j’ai pas arrêter de courir et je suis épuisée! J’avais besoin d’une pause, d’un moment de détente et d’être serrée dans les bras de quelqu’un sans avoir à m’expliquer, gérer des émotions ou construire une relation complète; juste un bon gros simple câlin en cuillère!

Alors j’ai essayé quelque chose dont j’avais entendu parler, mais que j’avais jamais osé essayer… je suis allée sur le site de Calia câlinothérapie. Le fait de payer pour des câlins est un peu bizarre, mais en même temps, ça me fait moins sentir obligée de créer une relation, de rester en contact ou de gérer les tensions sexuelles comme si j’allais sur Tinder… Et puis, dans l’article “Qu’est-ce que la câlinothérapie?”, ça avait l’air franchement agréable.

Sur le site de Calia

Alors j’ai regardé les services qu’ils offraient: des séances individuelles à 80$/h ou des ateliers de groupe à 25$. Avec la séance individuelle, j’aurais probablement eu plus précisément ce que je voulais, je sais pas, mais mon budget ne me permettait pas une telle dépense, et puis, surement que dans un groupe, il y aurait au moins une personne qui voudrait se coucher en cuillère avec moi!

Alors j’ai regardé les disponibilités des ateliers; il y en avait en moyenne 1 par semaine, alors j’ai pris celui du jeudi soir. Ça commençait à 19h, alors je me suis dit que j’aurais le temps de passer chez moi prendre une douche avant l’évènement. Parce qu’ils disent qu’il faut être propre pour l’évènement. J’avoue que ça serait plutôt désagréable de faire des câlins avec quelqu’un qui pue….

Après avoir cliqué sur l’atelier auquel je voulais participer, j’ai dû lire toutes les règles du code de conduite: être en état de consentir, être transparent, être respectueux, être…, pareil comme dans l’article sur les limites “Jusqu’où ça va, ça?”, mais j’avoue que les règles faisaient quand même du sens, alors j’étais assez d’accord. Surtout celle qui disait AUCUNE SEXUALITÉ; celle-là, j’avoue, m’a rassurée! Mais celle qui parlait de consentement et de limite; j’avoue que j’étais pas trop sûre de bien saisir le concept…

J’ai quand même cliqué “Réserver”, et je suis arrivée sur la page pour payer. Bon, il a fallu que je rentre toutes mes informations, genre noms, adresse, téléphone, etc., clairement, ils prennent ça au sérieux! Pour payer, j’avais juste le choix entre PayPal et carte de crédit, mais j’imagine que si j’avais demandé j’aurais pu payer en argent?

En tout cas, une fois payer, ça disait que j’allais recevoir un email de confirmation. Bon, il était dans mes courriels indésirables, mais je l’avais quand même reçu! Dans le email, il y avait l’adresse de Calia et quelques rappels du genre: soyez propre, arrivez à l’heure, pas d’alcool, etc.

Jeudi soir

L’accueil

Il était 19h, j’étais devant la place, mais tout d’un coup, j’avais pu le goût d’y aller. J’avais couru toute la journée, j’étais fatiguée et l’idée de voir du monde me tapait déjà sur les nerfs… Mais je suis entrée quand même (j’avais déjà payé alors…)!

Je sonne et Valérie m’ouvre la porte avec un grand sourire. Elle a l’air contente de me voir! Elle m’indique où mettre mes souliers, mon manteau, mon sac et me fait visiter les lieux. Au fond du long couloir il y a une salle de bain, ben correct. Juste avant, il y a une pièce un peu vide mais avec une table pleine de bouffe. Heureusement, parce que j’avais pas eu le temps de manger beaucoup avant de partir! Et puis, en revenant vers la porte d’entrée, il y a la salle de câlins. La salle est juste remplie de divan, matelas, tapis, coussins, oreillers, couvertes, etc. Tout est aux couleurs de la compagnie: gris, mauve et vert. Ça parait quand même bien, mais surtout, ça a l’air confortable: le genre qui te donne le goût de te rouler dedans! Quoique moi j’avais plutôt le goût de me cacher dans un coin avec plein de couvertes et pas parler à personne… je me sentais encore un peu ‘down’.

Le cercle d’ouverture

À 19h15, comme promis, on commence. Elle nous invite à nous asseoir en cercle avec nos coussins et couvertes et elle s’assoit avec nous. On était une dizaine de personnes et il y avait de n’importe quoi! Désolée, mais sérieusement, il y avait des jeunes et des vieux, des hommes et des femmes, pleins d’origines différentes, de styles différents, mais tout le monde avait l’air assez calme et ouvert d’esprit, alors c’était quand même correct comme ambiance.

Première chose qu’elle dit, c’est de prendre 3 grandes respirations. Wow, on réalise pas à quel point ça peut faire du bien de juste respirer! Déjà une partie du stress de ma journée commençait à s’en aller. Ensuite il a fallu qu’on dise, chacun son tour, comment on se sentait, réellement. J’ai été honnête (c’est une des règles du code ‘anyway’) et j’ai dit que j’me sentais ‘down’, pis dans ma bulle, pis que j’avais pas vraiment le goût de toucher d’autres personnes, mais que j’étais quand même curieuse de rester. Et elle m’a dit en souriant: “C’est correct ça, merci d’être honnête! Ne t’inquiète pas, ce soir, tu n’as aucune obligation de toucher qui que ce soit, ok? Je comprends comment tu te sens, je me suis sentie pareil la première fois que j’ai participer à un évènement comme ça!” Ok, ça ça m’a surprise. N’est-elle pas supposée être genre super câlineuse? J’imagine que même des câlineur(se)s professionnel(le)s peuvent ne pas avoir le goût de faire des câlins… Mais quand même, j’ai aimé le fait que ma mauvaise humeur était acceptée. Tsé, quand les gens te font sentir mal d’être malheureuse, je trouve que ça devient encore plus déprimant!

Les explications

Ensuite elle a expliqué les règles du code de conduite, pas mal les mêmes que sur le site internet, mais c’est correct, mieux vaut être clair avec tout le monde. Puis elle a commencé à expliquer ce que sont le consentement et les limites et a dit qu’il y avait 5 règles à suivre pour pratiquer le consentement tout au long de l’atelier. Vu que je suis visuelle, j’ai aimé qu’il y ait un tableau sur le mur avec les règles écrites dessus!

Au fur et à mesure qu’elle expliquait les règles, elle nous faisait faire des exercices. Parfois il fallait juste se questionner intérieurement, parfois il fallait parler, parfois chacun son tour, parfois en équipe de deux. C’était bien, ça m’a tenu éveillée, pis comme on n’avait pas besoin de toucher personne, je pouvais rester dans ma bulle.

Ces règles… ouf! C’est quelque chose! Il y avait des choses qu’elle a dites qui m’ont fait chavirer par en dedans! Personnellement, c’était celle qui dit “J’ai le droit de changer d’idée”: tout d’un coup j’avais moins peur à l’idée d’accepter un câlin de quelqu’un d’autre, parce que je savais que même si 3 secondes après, si j’aimais pu ça, j’pourrais y demander d’arrêter. On a même fait un serment de ne pas se sentir mal ou insulté si quelqu’un nous disait non ou d’arrêter. Moi je suis correcte si quelqu’un me dit non, mais dire non à quelqu’un ou changer d’idée après 2 minutes, ça j’aurais eu de la misère à me le permettre si on n’avait pas tous fait ce serment-là! Déjà je me sentais un peu plus prête à peut-être essayer de faire des câlins…

Les câlins consentants

Une fois toutes les règles expliquées, elle nous a donné un dernier exercice à faire en équipe de 3 et nous a dit qu’après ça on était libre et qu’on n’avait qu’à suivre les règles du consentement. J’étais avec un monsieur et une madame et on devait chacun exprimer un genre de câlins qu’on voulait faire à trois et ensuite négocier jusqu’à ce qu’on trouve un câlin que les trois on aimerait. La madame voulait faire la cuillère à trois, mais moi j’ai dit que je voulais pas vraiment toucher personne, alors le monsieur a proposé les genoux: qu’on s’assoit chacun en indien, en cercle et que seuls nos genoux se touchent et qu’on prenne de grandes respirations ensemble. Ça avait l’air un peu bizarre, mais en même temps, c’était un bon compromis pour moi, alors j’ai dit “ok, essayons ça”. C’était spécial; en réalité j’avais pas trop l’impression d’être envahie et c’était étrangement relaxant de pouvoir juste rester là à respirer profondément avec eux. Même qu’à un certain moment, j’ai eu le goût d’un peu de chaleur. Alors j’ai demandé, tout simplement, s’ils voudraient mettre chacun une main sur mes genoux (c’est pas le genre de chose que j’oserais demander à n’importe qui d’habitude, mais l’ambiance faisait que c’était pas mal plus facile). Finalement ils ont dit oui, ont mis leur main sur mes genoux et les premières secondes, j’ai hésité, mais bien vite, mon corps m’a dit que ça faisait du bien. Après ça, ça n’a pas pris trop de temps avant j’aille eu le goût de plus de contact. Alors on a changé de position et on s’est collé un peu plus. C’était spécial! Ça m’a pris un peu de temps avant d’être vraiment confortable et de me laisser me détendre complètement, mais plus ça allait, plus c’était facile. Tout le monde était si respectueux et pro-consentement! J’ai même réussi à dire non merci à une demande que quelqu’un m’a faite et à changer d’idée pendant un câlin avec un autre (son frottage de dos commençait à devenir désagréable) et les deux ont tout simplement dit “ok, cool, merci de prendre soin de toi!” Wow!

Le cercle de fermeture

15 minutes avant la fin, elle nous a dit qu’il restait 5 minutes de câlins et qu’il fallait tranquillement se préparer à revenir dans le monde réel. J’avoue que rendu là j’avais pu vraiment le goût de sortir de notre tas de câlins (on était rendu 5 tous collés les uns aux autres, on était bien et au chaud!). 10 minutes avant la fin, elle nous a fait nous rasseoir en cercle et prendre quelques grandes respirations. Puis chacun notre tour, on a dit comment on se sentait et ce qu’on retenait de l’atelier. Elle a dit: “Si vous aviez à décrire votre expérience de ce soir en un mot, qu’est-ce que ce serait?”
J’ai dit: “Réconfortant”.